Quand Annie, grand-mère et arrière-grand-mère très engagée dans sa paroisse française se confie à VMI

Nous, « personnes âgées », je préfère à ce terme celui de « grands aînés », nous avons eu la joie de vivre le Concile Vatican II.

Comme l’a dit le pape saint Jean XXIII, l’Eglise a ouvert ses fenêtres et ses portes sur le monde. Nous avons partagé dans nos langues respectives les beaux textes de la prière eucharistique. Les laïcs ont pris leur place dans la transmission de la foi, dans la catéchèse, dans la préparation aux sacrements. De belles avancées !

Aujourd’hui, même si certains souhaitent voir se refermer les portes, notre pape François nous invite à ne plus nous contenter de « faire » dans nos églises, mais aussi à sortir sur les parvis, à aller rencontrer nos frères là où ils vivent, avec leurs préoccupations, pour les aider à donner sens à leur vie, dans ce monde de plus en plus matérialiste, individualiste et égoïste.

Comme nous manquons sérieusement de prêtres, l’Eglise est heureuse de compter sur les ainés pour accomplir des services indispensables : la catéchèse, la préparation des parents au baptême de leur enfant, la visite aux malades, les funérailles, la préparation aux mariages, sans parler des comités pastoraux pour le fonctionnement de nos paroisses.

Pour ma part en paroisse, après de nombreuses années de catéchèse, j’accompagne les familles qui demandent le baptême pour leur enfant : n’est-il pas capital de voir avec elles pourquoi faire, à leur enfant, ce cadeau « du trésor de la foi »? Entrer dans la famille des chrétiens, quelle joie, mais quelle responsabilité pour les parents, parrains et marraines et pour la communauté chrétienne toute entière ! 

Le prêtre de ma paroisse m’a confié aujourd’hui une nouvelle mission : accompagner un groupe de 7 catéchumènes adultes qui, après un cheminement de deux ans, seront baptisés à Pâques 2020. Je trouve qu’ils sont courageux et persévérants, c’est une joie pour moi de les retrouver tous les mois et de voir évoluer leur maturité dans la foi.

Leurs motivations de départ sont souvent très matérielles ou pratiques (pour se marier à l’Eglise). Puis leurs réponses s’approfondissent…A la question «que veut dire pour vous la foi ? » ils répondent : la force, le courage, la persévérance, la confiance, l’audace, la prière, l’amour. Ils ajoutent que découvrir le message de Jésus, cela change leur vie et leur demande des efforts auxquels ils n’avaient pas pensé.

J’accompagne également des familles en deuil : là aussi nous avons un beau message à transmettre. Face au décès d’un être cher, les personnes sont en état de grâce et revisitent volontiers la vie du défunt : nous avons à valoriser, chez ce dernier, tous les actes de partage et d’amitié, les services rendus, les gestes d’affection.

Quand nous disons que ce que nous allons célébrer est un grand merci à Dieu pour tous ces actes d’amour vécus, les personnes font une découverte qui donne un autre sens à leur deuil et nous l’espérons, à leur vie future.

Notre génération est appelée à disparaître, le travail prend tellement de temps aux nouvelles générations, la transmission ne se fait pas beaucoup. Prions l’Esprit Saint pour que les portes de nos églises ne se referment pas définitivement.