Annie s’entretient avec ses petits-enfants et arrière-petits-enfants

Dans la famille, j’ai 5 enfants, 14 petits-enfants et déjà 3 arrière-petits-enfants,

Je suis veuve depuis 12 ans, mais je sais bien que c’est mon couple qui a toujours été le pilier de la famille.

 

Grands-parents, nous avons la chance de pouvoir prendre du temps pour écouter nos petits- enfants. Aussi, quand nous les rencontrons ou quand ils ont des questions qui les préoccupent, ils osent nous interpeller. Je reçois ces interrogations comme des cadeaux.  Selon leur âge, la réponse semblera plus ou moins facile … et pourtant !

A la dernière rentrée scolaire, mon arrière-petit-fils de 9 ans me présente le choix qu’il doit faire pour son mercredi après-midi : soit aller à son entraînement de tennis, soit aller au « caté » qui se trouve à la même heure ? Pour lui, le tennis semble très important … mais n’est-il pas dans mon rôle de l’aider à regarder ce que pourrait être pour lui ce temps de partage et de découverte avec ses copains : qui est Jésus, que vient-il nous dire pour que nous soyons plus heureux, en quoi vient-il donner sens à ce que nous vivons, apprendre à respecter l’autre,  à partager, à pardonner... 

J’ai vu dans son regard une interrogation, mais pour le moment le tennis prime. Aussi je lui propose de chercher un autre horaire pour le catéchisme. 

A suivre ….

Ce dimanche, une de mes petites-filles, étudiante, se pose la question et m’interroge : pourquoi se marier à l’église ? 

Je lui explique que l’amour qui fait vibrer un garçon et une fille, qui est l’origine du couple, vient de l’Amour de Dieu. Aussi quand on a la foi, c’est à dire que l’on met sa confiance en Dieu, le mariage à l’église nous invite devant famille et amis, à nous engager l’un envers l’autre à confier cet amour à Dieu pour qu’Il nous donne sa force et rende sacré cet Amour du couple .       

Vaste question … vaste réflexion …quand autour de nous on voit tant de couples rompre cet engagement.

Comment réapprendre à aimer dans la durée ?  Comment prendre le temps de se parler comme aux premiers jours ? 

Voilà quelques années, une de mes petites-filles, âgée de 25 ans, me téléphone pour connaître ma réaction à l’annonce de son choix de vie : elle me dit s’être installée dans la vie avec une jeune femme de son âge.

Quelques minutes de silence pour reprendre ma respiration …. Je connais cette situation pour en avoir entendu parler chez les autres mais de là à y être confrontée… !

Vient une première question de ma part : «Avez-vous pris le temps de réfléchir? Ne vivez-vous pas une amusette ? » Puis d’autres, au fil de notre échange : « Votre rencontre est-elle basée sur de l’amour, pas un amour égoïste mais un sentiment fondé sur le respect de l’une et de l’autre, un amour et un partage qui vous amènent à grandir dans la vérité et la sincérité. »

Ses réponses affirmatives m’amènent à lui dire, très sincèrement, que je me réjouis de leur bonheur. Dans le téléphone j’ai entendu quelques sanglots … Elle avait informé ses parents, mais ce qu’allait penser sa grand-mère était très important pour son devenir. 

Aujourd’hui nous les accueillons toutes deux, dans notre grande famille, comme d’autres couples et elles forment un couple heureux.

Dans les familles, malheureusement, il n’y a pas que des joies … En ce début d’année, mon fils de 54 ans marié depuis 23 ans et avec deux filles, une de 20 ans et une de 14 ans, m’annonçait que son épouse le quittait pour une autre personne. 

Il n’avait rien vu venir, faisant confiance à son épouse, comme on le pense dans un couple de cet âge.

C’est à ce moment que la famille est importante, pour accueillir, sans jugement, pour écouter la souffrance et essayer de réchauffer les cœurs.

 

Parents, Grands-parents, nous sommes là pour faire preuve de notre sens de l’accueil, pour être signe d’une certaine stabilité, pour être à l’écoute, offrir un refuge, mais aussi pour donner beaucoup de tendresse et des sourires qui procurent la sécurité si importante dans ce monde qui bouscule.